Le stage

Nous sommes partis quatre jours à S…. Mon Maître avait appelé ce séjour un stage. La formule m’avait fait sourire, je la trouvais un peu pompeuse, et pourtant…
Quatre jours de soumission permanente, c’est une expérience que je souhaite à toutes les soumises. Il ne s’agit pas bien sûr, d’être frappée ni utilisée du matin au soir. C’est dans l’esprit que tout se joue.
La présence continuelle de son Maître, la pression qu’il exerce par un mot, un regard, parfois un simple geste met la soumise dans un état tout à fait particulier : la sensation de pouvoir tout lâcher, de vivre sa condition sans retenue, sans arrière-pensées. Les choses deviennent simples, elle n’est plus que l’esclave, n’ayant rien d’autre à faire qu’à écouter et obéir.
C’est ainsi que j’ai naturellement trouvé ma place dans la « niche » qu’il avait installée pour moi et découvert le plaisir de voir mon Maître s’affairer à ses activités, lovée en silence dans cet espace confiné, petite chose insignifiante n’attendant que l’autorisation d’en sortir.
C’est un sentiment étonnant ; je n’imaginais pas qu’on pouvait prendre du plaisir à se sentir aussi dépendante d’un ordre. J’ai aussi apprécié son regard empreint de tendresse quand il posait les yeux sur moi, recroquevillée dans ma niche, m’abandonnant avec une volupté presque animale, la tête sur la couverture, à l’envie de m’endormir tant j’étais sereine.

bondage

Les jeux qui ont accompagné ces quelques jours ont finalement peu d’importance. S’ils m’ont fait découvrir les délicieuses piqûres des jeunes orties fraîchement sorties de terre, provoquant un étonnant fourmillement sur les fesses, l’essentiel est ailleurs. Il est dans cet abandon, ce retour aux sources de la soumission qui a fait de moi un petit animal docile, prêt à tout pour plaire à son Maître. Ce sentiment, que l’on effleure parfois lors de nos séances, même plus ou moins longues, prend, dans ces conditions, toute sa valeur ; à ne pas se dire que dans quelques heures, la vie courante va reprendre ses droits, la place est laissée à l’essence même de ce qui nous unit. Je ne suis plus seulement la femme qui se soumet à lui, je suis celle qui n’attend que l’ordre pour le satisfaire. Ce huis clos nous permet d’être nous-mêmes, de ne profiter que de ce que nous attendons l’un de l’autre. Il est tel que j’aime qu’il soit, il ne me laisse aucune marge de manœuvre, aucune décision, il fait de moi ce dont il a envie, simplement. Je suis son jouet, son tendre jouet qu’il bichonne pour pouvoir en profiter encore et toujours.
Qu’est ce qui a différencié ce stage de nos week-end habituels ? Peut être le fait qu’il m’ait dit avant de partir qu’il me prenait en charge et que je n’avais d’autre choix que de le suivre docilement. Nous n’étions pas non plus dans notre cadre habituel, celui où mes repères sont clairement définis. J’étais chez lui, non pas comme une invitée mais comme objet de son plaisir, sadique, physique et cérébral.

Je garde un excellent souvenir de ces moments passés ensemble, qui m’ont encore beaucoup appris sur moi-même comme sur lui, et je le remercie d’avoir su, une fois encore, me mettre en situation de me découvrir, d’apprendre et de grandir. Que cette expérience me soit profitable et qu’elle rejaillisse sur les gens que j’aime… Merci, Maître.

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"Liens-Secrets", création 2009