Au début d'une relation, un Dom a besoin de bien connaître sa soumise, non seulement ce qu'elle est capable de vivre, mais aussi ce qu'elle pense, ce qu'elle attend... Ce texte est une réponse au questionnaire du Maître.

Qu’est ce qu’une soumise ?

Pour moi, une soumise c’est d’abord quelqu’un qui a besoin de donner beaucoup, mais qui a aussi besoin de beaucoup d’attention, quelqu’un qui s’accepte telle qu’elle est mais qui cherche toujours à en découvrir plus sur elle même, en se mettant en « danger » ou du moins en situation inconfortable, pour aller puiser les ressources au plus profond de son être. Elle est déterminée, dès l’instant où elle est sûre d’avoir trouvé sa voie. Elle est en recherche perpétuelle de perfection dans sa vie.

Qu’est ce qui me fait vibrer ?

Etre livrée, n’être plus qu’une « chose » entre vos mains ou celles à qui vous aurez choisi de me confier. La privation des sens (vue, ouie…) accentue pour moi cette impression de ne plus exister en tant que femme, mais comme simple objet de plaisir.

fessée

Les vêtements …

Peu importe les vêtements que je porte, tant qu’ils sont sexy : dentelle, latex, vinyle, c’est le regard de mon Maître qui compte. Cela dit, j’aime plaire, et les vêtements font partie de la séduction. Les chaussures à talons hauts (très hauts !) me plaisent particulièrement : elles grandissent la petite soumise que je suis et donne un galbe incomparable aux jambes. J’ai un plaisir tout particulier à porter des bas, accessoire féminin, s’il en est, élégant et érotique, et c’est par ces qualificatifs que je définirais la façon dont j’aime être vêtue, en général.

Les punitions…

J’en distingue trois que je n’aborde pas de la même façon. La punition « gratuite », celle que vous décidez de me donner sans raison, si ce n’est celle du plaisir. Celle là est un jeu auquel je m’abandonne volontiers, sachant la satisfaction que cela vous procure.. La punition « légère », celle qui résulte de mes provocations ou de petits oublis. Celle là, je l’aime « théâtrale », ritualisée. Peu importe comment elle est donnée et avec quel instrument, je les aime tous, mais j’apprécie tout particulièrement que cette correction finisse « au piquet » ; quelle délectation, en effet de me retrouver à l’abri entre ces deux murs, en sentant votre regard sur moi…Puis il y a la punition « sévère », déclenchée par une désobéissance volontaire ou un manquement grave. Celle là, je la préfère sobre, silencieuse, presque « monacale ». Elle m’est souvent insupportable, au-delà de la douleur physique car je sais que dans ce cas là, je vous ai contrarié et je déteste cette idée, même si j’éprouve une jouissance particulière à l’idée d’être corrigée par vous, même durement. J’estime que la privation (de vous, de vos câlins) et la méditation, que pourtant j’exècre me paraissent justifiées dans cette situation.

Le lieu…

Peu m’importe le lieu tant que la soumission ne se fait qu’en présence d’ « initiés ». Je trouve en effet malsain et déplacé d’exhiber notre relation devant les autres, le BDSM étant, comme je l’écrivais plus haut, une affaire très intime, qui ne peut en aucun cas être jetée en pâture. D’autre part, je ne souhaite choquer personne, notre façon de vivre ne peut pas être comprise par celles et ceux qui ne pratiquent pas, inutile donc de leur imposer des comportements qu’ils réprouvent.

Les personnes devant qui j’aimerais être dominée…

Des inconnus que vous auriez soigneusement choisis et que je ne verrai jamais, le bandage des yeux me paraissant souhaitable dans ces conditions, ceci faisant référence à ce que j’écrivais plus haut sur ce qui me fait vibrer.

Les punitions que vous m’infligez suite à une faute de ma part…

Je les trouve normales, nécessaires, même. Si vous ne me punissiez pas, je me dirais que vous manquez à vos devoirs de Maître, et vous en perdriez de la crédibilité à mes yeux. J’attends de vous beaucoup de sévérité parce que je me connais : j’ai tendance à prendre vite confiance et à négliger ce que vous me demandez. A vous d’y remédier, sans vous laisser séduire par mes airs de chatte, dont j’use et j’abuse bien souvent ! sourire…

Les punitions que vous m’infligez pour une faute imaginaire…

Elles font partie du jeu, nous sommes assez complices tous les deux pour apprécier ces moments pour ce qu’ils sont : du plaisir, simplement. Elles sont le pendant, nécessaire à mes yeux, aux punitions corrections évoquées plus haut. J’ai du mal à imaginer une relation qui ne serait basée que sur la notion de punition, le « jeu » en fait également partie, l’important étant de savoir faire « jouer » tout en restant dans l’esprit du BDSM… pas si simple à en juger par mes anciennes expériences, mais je crois que nous avons trouvé la bonne formule, vous et moi.

L’exhibition…

J’en distingue trois : la première, celle qui consiste à me montrer ou à me faire examiner me plait beaucoup (bien que je m’en défende !) même si j’en éprouve une certaine gêne (je vous rappelle que je n’aime ni mon sexe, ni mon anus, ni mes fesses). La seconde, lorsque vous me livrez sexuellement à d’autres. Elle me met mal à l’aise, surtout si c’est fait devant des personnes que je connais, il y a dans l’acte sexuel une intimité crée par le fait de montrer ses sentiments, son plaisir. Pas étonnant donc que je « déconnecte » dans ce type de situations… La troisième est à mon sens la plus dure à vivre. C’est celle qui concerne les pensées. Livrer mon corps est une chose, livrer mon esprit en est une autre. Cette pudeur naturelle qui est la mienne m’empêche souvent de dévoiler mes sentiments, mes ressentis. La tâche que je suis en train d’effectuer à votre demande en répondant à ce questionnaire est en réalité une vraie torture pour moi, j’ai encore beaucoup à progresser dans ce domaine.

Mon meilleur souvenir de soumise…

Ce n’est pas un moment précis, mais plutôt un ressenti : celui d’être acceptée comme soumise à part entière auprès des initiés. Vous me l’aviez dit, je n’y croyais qu’à moitié, me disant que vous pouviez faire preuve involontairement de subjectivité à mon égard ; les remarques de vos amis en club m’en ont persuadée. J’avais besoin de cette reconnaissance, même si j’ai toujours pensé avoir trouvé ma voie en prenant le chemin du BDSM.

La journée d’une soumise…

Les règles et rituels qui ponctuent la journée d’une soumise sont pour moi des repères rassurants auxquels je me soumets volontiers. Ils sont une preuve, entre autres, que je vous considère bien comme mon Maître et guide et je n’ai aucunement envie de m’y soustraire, même s’ils sont parfois un peu lourds à gérer. Cela dit, ils ne constituent pour moi qu’un aspect de la relation, le plus visible, certes, le plus évident à priori, mais pas celui que je considère comme étant le plus important. Les règles, comme les corrections ne sont que des outils qui servent à construire le fond : ma soumission est un état d’esprit, un besoin, une envie de dépendance qui me rassure et me permet d’être épanouie ; en cela, je suis plus cérébrale que physique, mais en avez-vous jamais douté ?

Ne pas tout savoir à l’avance…

L’idée que vous ne m’informiez pas des projets que vous avez pour moi me réjouit beaucoup. Cela, pour deux raisons : d’une part, parce que vous entretenez un certain mystère, une certaine distance que je juge absolument nécessaire à notre relation, d’autre part, parce que j’aime aussi le côté ludique de la situation qui provoque des sensations très excitantes, mêlant envie de découvrir et crainte de l’inconnu.

Si vous m’abandonnez provisoirement…

Le fait que vous m’ignoriez un moment peut avoir sur moi deux effets parfaitement opposés, selon les circonstances dans lesquelles c’est appliqué. S’il s’agit d’une punition, je la vivrai de façon de façon douloureuse, la privation étant, je vous l’ai dit plus haut, une des punitions « suprêmes », surtout lorsqu’il s’agit de la privation de votre attention à mon égard. S’il ne s’agit pas de punition, et puisque vous avez tous les droits sur moi, j’attendrai sagement que vous daigniez vous souvenir que je suis là. Cette situation, dans laquelle je suis un jouet au service de vos caprices m’excite tout particulièrement, vous le savez.

Si vous me présentiez à des inconnus…

Cette question est renseignée tout au long des réponses de ce document. Oui, l’idée d’être livrée à des inconnus m’excite, oui, je suis prête à prouver par ma docilité à n’importe qui que je suis à vous, que je vous obéis sans restriction et que je ne cherche qu’à vous satisfaire, et à n’importe quelles conditions.

Un fantasme que j’aimerais réaliser…

J’ai gardé le plus dur pour la fin… je ne sais pas trop quoi répondre à ça, peut être parce que, finalement, je me sens bien et ce que vous me proposez me convient ou alors, je manque vraiment d’imagination ! Mais puisqu’il me faut répondre quand même, alors disons que l’idée d’être présentée à un autre Dom, en votre présence, bien sûr, m’excite beaucoup, c’est d’ailleurs un fantasme qui me poursuit depuis toujours et qui vous plait également. Cela dit, je sais la difficulté de trouver le bon partenaire et les conditions favorables à ce genre de scénario, j’attends donc patiemment…

le 2 août 2006

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