L'ABCécédaire du BDSM : A

Un abécédaire à quatre mains, celles d’un Dom et d’une soumise, pour échanger quelques pensées sur le sujet…

Maître :

A comme Attachement ou A comme Aléatoire, ou bien encore A comme Abandon.

J’hésite à choisir, trop de possibles ?
Et d’ailleurs pourquoi faudrait-il choisir ?
Pourquoi ne pas glisser de l’une des définitions à l’autre, comme sur les pages d’un dictionnaire des sentiments que l’on caresserait du bout des doigts, en rêvant, en imaginant, en s’interrogeant peut être sur nous, sur la vie, sur notre relation.

Alors voilà je ne vais pas choisir, je vais passer de l’un à l’autre, comme l’on sauterait de rochers en rochers pour traverser un torrent, comme aussi un jeu subtil de miroir qui renverrait sans cesse à autre chose, une sorte de vue en perspective, une construction en abysse ?

A comme Attachement, celui qui lie la soumise à son Dominant, mais aussi celui qui garde le Dominant en lien, comme tu l’as si bien écrit dans l’un de tes poèmes.
Je mesure aujourd’hui la force de cet attachement qui crée une dépendance entre nous et nous lie plus profondément que nous pourrions parfois l’imaginer, comme si l’Autre était une source à laquelle sans cesse l’on vient s’abreuver et qui nous donne l’énergie aussi d’affronter la vie et ses aléas souvent nombreux.

Certains choisissent un autre terme d’ailleurs et disent A comme Amour, et moi je ne peux m’empêcher d’entendre en même temps A comme Aléatoire « dont la réussite est conditionnée, par le hasard, la chance ».

Notre rencontre et tout ce qui a suivi sont le fruit du hasard, un hasard certes heureux, mais qui ne m’empêche pas de songer parfois que la chance peut tourner !
A comme Aléatoire disais-je, et je savoure d’autant plus ces instants partagés que je les sais par ailleurs Aléatoires, entre les mains d’un destin qui nous échappe totalement, et qui pourrait nous conduire à A comme Abandon.
Mon histoire personnelle m’a appris ce que pouvait être l’Abandon avec son cortège de souffrances. Tu l’a connu aussi et tu mesures bien je le sais le poids des mots.

Ce mot-là est à la fois superbe et terrifiant, il possède deux faces : une éclairée et une sombre.
Sous la lumière je vois l’Abandon de la soumise entre les mains de son Maître, qui seul peut choisir de la battre ou de la récompenser. La soumise qui choisit librement de se donner à son guide, cet Abandon entre les mains de l’autre qui lui fait découvrir des rivages nouveaux, des sensations inconnues, des émotions inoubliables, cet Abandon aussi qui la fait progresser sur le chemin toujours renouvelé de la soumission.

Mais je ne peux m’empêcher de voir aussi l’Abandon de l’un des protagonistes par l’autre, c’est le côté obscur, et nous voilà revenus à A comme Aléatoire, comme le temps qui passe et conforte, mais aussi parfois comme le temps qui passe et éloigne en éteignant la passion des débuts.
Alors voilà c’est à toi de choisir A comme...

Soumise :

A comme Amour ?
Celui dont se revendiquent la plupart des pratiquants (ou non, d’ailleurs) du BDSM. Mais de quel Amour parlent ils ? De la passion de la D/s ? De l’Amour avec un grand A ? De ce qui pourrait être confondu avec de l’Attachement, voire de l’Addiction pour leur compagne (gnon) ? Il est en tout cas incontournable, à mon sens, quelque soit la définition qu’on veut bien lui donner…

A suivre...

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