BDSM et SM

Certains évènements de la vie invitent à se poser des questions fondamentales sur les relations humaines, et particulièrement celles qui concernent le BDSM. J’ai bien dit BDSM et non SM. La différence entre les deux est à mes yeux très importante.

Pour le SM, l’approche me semble différente selon qu’il est abordé en tant que pratique autonome qui se suffit à elle-même, j’entends par là en dehors d’une relation suivie ou bien s’il intervient à l’intérieur d’une relation.
Pour les pratiques SM vécues en dehors du contexte relation, celui que je qualifierais ici « d’autosuffisant », cela me parait relativement simple, il s’agit surtout de plaisir physique : j’aime engendrer la douleur, tu aimes la recevoir, le contrat est clair et sans ambiguïté. Ou alors, le fait de te procurer de la douleur m’excite, celui de la subir te met le feu, c’est une histoire de sexe pimenté où chacun de nous éprouve du plaisir, une fois la séance achevée, reste le souvenir du bon moment passé et rien d’autre.
Je n’y vois bien sûr rien de négatif, mais s’il suffit à certains, d’autres cherchent à aller au-delà de cette expérience, à découvrir ce qui se cache derrière le physique, à pénétrer dans le monde étrangement envoûtant de la relation D/s.

don

Dans une relation BDSM (je parle de relation suivie), le SM devient souvent l’une des composantes de la relation mais les pratiques importent peu, c’est l’esprit qui compte. Ce qui se construit dans ce type de relation est plus intime et agit directement sur le mental des partenaires. Il y a un « avant » et un « après » la séance, au moins aussi importants que la séance elle-même. Il font vivre la relation, lui donnent toute sa mesure. La douleur devient partage entre deux personnes, celui qui la fait subir, et celle qui l’accepte. Ce partage est comme un voyage dans un univers qui n’appartient qu’à eux, un voyage qui les rapproche, presque une communion des âmes.

Aux plaisirs des sens s’ajoute une autre dimension plus cérébrale et affective, la douleur se reçoit comme un don de l’autre, une part de soi-même que l’on offre et qui va bien au-delà de la simple satisfaction physique

Je ne prétends pas pour autant qu’il n’existe pas une forme de complicité dans le SM. Je ne peux d’ailleurs prendre du plaisir dans le jeu qu’avec des personnes de confiance, elles sont rares et se reconnaîtront sans doute. Mais la relation D/s apporte indéniablement une profondeur, liée, j’imagine, au sentiment d’appartenance qu’elle engendre et qui donne à la douleur une sorte de justification, une manière pour la soumise et pour le Maître de se livrer totalement.

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