Ecole de dressage (suite)

Le bruit d’une porte en bois que l’on claque, la tira à moitié du sommeil.
Une voix dure venue du couloir résonna dans le silence de sa cellule : « Debout, face au mur, mains dans le dos». Elle sut qu’elle devait immédiatement obéir, elle se leva donc et alla se placer comme l’ordre lui en avait été donné.
Quelqu’un entra et lui posa d’abord un bandeau sur les yeux, puis il lui passa la blouse grise qu’elle portait la veille, lui lia les mains dans le dos et après lui avoir mis son collier, il y attacha sa laissa et l’entraîna à l’extérieur.
Aveuglée par son bandeau, les mains liées, elle faillit trébucher à plusieurs reprises.
Sans considération pour ses difficultés à se mouvoir, son geôlier la tirait maintenant derrière lui.
Ils s’arrêtèrent enfin sans qu’elle puisse savoir où ils étaient arrivés. Son gardien lui retira le bandeau qu’elle portait. Sous la lumière crue, elle cligna des yeux, incapable de distinguer quoi que ce soit.
Il lui fallut quelques secondes pour distinguer les trois personnes assises derrière une table. Elle reconnut la Directrice de l’établissement, le visage toujours aussi sévère, entourée de deux hommes en uniforme.

Cette dernière pris la parole :
« diane, tu as été conduite ici par ton Maître pour avoir eu, de manière répétée, un comportement totalement inadapté à la condition de soumise qui est la tienne.
Ecole de dressage Dans le cadre du contrat qui te lie à lui, il nous a demandé de corriger cette attitude par tous moyens que nous jugerions utiles d’engager à ton endroit. La sentence que nous prononçons à ton encontre est donc la suivante : premièrement tu seras sévèrement battue en punition de tes provocations répétées.
Ensuite nous évaluerons ton comportement, et si nous l’estimons inadapté tu seras de nouveau sanctionné comme il se doit, et avec les moyens qui sont les nôtres dans cette maison.
Lorsque nous estimerons avoir corrigé tes défauts et t’avoir replacée dans la condition d’esclave de ton Maître qui est la tienne, alors et alors seulement nous te rendrons à lui.
Il t’appartient donc de consentir les efforts indispensables à la correction des erreurs que tu as commises mais aussi de prendre les engagements que ton Maître est en droit d’attendre pour l’avenir.
Cette sanction est immédiatement applicable ».

Sa voix se fit encore plus autoritaire : « Garde, emmenez la prisonnière en salle de punition immédiatement ».

Le gardien qui s’était tenu derrière elle, reprit sa laisse et l’entraîna sans ménagement.
De nouveau ils traversèrent plusieurs pièces pour arriver dans une vaste salle en pierres, éclairée par un grand puit de lumière.
Elle tressaillit en voyant les appareils alignés contre les murs comme dans un musée.
Il y avait là une croix de Saint André, un pilori, des tables de bois, une grande cage, des chaînes accrochées au plafond ainsi que d’autres objets dont elle ne connaissait pas l’usage, mais dont elle comprenait bien qu’ils étaient là pour infliger les pires tourments aux soumises amenées dans cet endroit impressionnant.

Elle fut amenée au centre, on lui délia les mains, lui retira sa pauvre blouse, puis on lui fit mettre les mains derrière la nuque et on l’abandonna là, nue et sans défense.
En partant, le gardien lui annonça d’un ton ironique : « Le bourreau et ses aides vont venir s’occuper de toi ».
Au bout d’un temps qui lui parut une éternité, elle entendit des pas et une voix grave lui intima l’ordre de se retourner.
Elle obéit, profondément troublée par la situation dans laquelle on l’avait mise, et dont elle venait de comprendre maintenant qu’elle visait à éteindre en elle tout esprit de résistance.

Le tourmenteur était là, grand, massif, tout vêtu de cuir noir, le visage dissimulé sous une cagoule, entouré de ses deux aides qui tenaient dans leurs mains de grands supports en bois auxquels étaient accrochés toutes sortes d’instruments, martinets et fouets divers.
L’effet de cette vision était absolument terrifiant pour elle, et elle crut presque défaillir de se voir ainsi livrée sans défense au sadisme de ceux qui maintenant la détaillait avec soin avant de lui infliger les châtiments auxquels elle venait de se voir condamner.

Le tourmenteur leva la main sans dire un mot et ses aides se dirigèrent vers diane.
L’un des aides fit descendre la chaîne à l’aide une poulie fixée au plafond. Ses mains furent attachées aux deux bracelets de cuir fixés à son extrémité puis cette dernière fût remontée jusqu’à ce que ses bras se trouvent en extension, l’obligeant à prendre appui sur la pointe des pieds.
Le bourreau et ses aides se saisirent de leurs instruments et vinrent l’entourer. Elle comprit alors que le moment serait difficile car il lui faudrait affronter simultanément une variété de coups différents qui allaient se succéder, probablement sans guère lui laisser de temps de se ressaisir.

Sentant la peur la gagner, elle chercha à se concentrer en essayant de deviner quel instrument était utilisé, un peu comme si elle se détachait de son propre corps pour observer la scène en spectateur.
C’était une façon de s’extraire de la situation pour ne pas être brutalement emportée par une incontrôlable vague de panique.
Le premier coup sec lui sembla être donné par un martinet relativement doux, peut être du daim.
Les coups suivants s’enchaînèrent rapidement, d’abord sans dureté, probablement pour la préparer à la suite des événements.

Pendant les premières minutes de la punition qui lui était infligée, la stratégie qu’elle venait de choisir lui donna la brève illusion qu’elle pourrait parvenir à gérer tant bien que mal la situation.
C’était gravement méconnaître l’expérience du tourmenteur qui dirigeait la correction.
Sous son impulsion, le rythme des coups changeait, s’accélérant en même temps que sa respiration, ralentissant presque à s’arrêter lorsqu’elle paraissait prête à suffoquer sous la brûlure des lanières.
Visiblement il avait décidé de faire durer ce qui était une véritable flagellation, variant les instruments utilisés pour en choisir certains dont la morsure ardente la faisait se tordre de douleur.

Elle chercha encore une fois à se concentrer sur quelque chose d’extérieur, à quitter son corps maintenant en feu, mais sa volonté l’abandonna et elle se sentit flancher.
Allait-elle perdre conscience sous la violence des coups?
Elle sentit ses larmes monter et se mit à pleurer silencieusement, incapable de résister plus longtemps aux tortionnaires qui avaient entrepris maintenant de tourner autour d’elle pour atteindre chacun des points de son corps avec une précision d’orfèvre.
Elle était entrée de plein pied dans l’antre des supplices et elle ignorait quand elle en ressortirait.

Soudain les coups se firent moins rudes, puis plus espacés. Visiblement les larmes qui coulaient sur son visage étaient un signal attendu par ses tortionnaires.

A suivre...

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