L'école de dressage 7

Les premiers rayons d’un pâle soleil matinal filtraient par la haute fenêtre lorsqu’elle entendit des pas rapides dans le couloir de l’écurie et la porte s’ouvrit.
Les deux valets pénétrèrent dans le box et la firent lever, elle frissonna dans la fraîcheur du matin.
Ils lui firent enfiler des bottines basses, lui posèrent un large collier de cuir puis y attachèrent une longe en chanvre, dont l’odeur rassurante envahit ses narines.
Cela lui rappela immédiatement les séances de bondage que son Maître affectionnait et elle se sentit toute émue au souvenir de ces tendres moments partagés à deux et qui maintenant lui paraissaient si lointains.
La tension sur la corde la ramena à la dure réalité et elle suivit l’écuyer qui l’entraînait dans le couloir.

En approchant de la porte, elle entendit des voix nombreuses qui venaient d’une cour extérieure.
Lorsqu’elle fut dehors, elle se raidit brutalement, résistant à la traction imposée par le valet de pied. Elle voulut revenir en arrière, car elle venait de découvrir une foule qui attendait, guettant la sortie des écuries.
Un cuisant coup de badine sur les fesses lui rappela avec brutalité que le second écuyer se trouvait derrière elle et qu’il n’allait pas lui laisser prendre ce genre d’initiative.
Toujours tirée par sa longe elle fût amenée au milieu de la cour, passant devant toutes les personnes qui la détaillaient avec attention. Elle s’aperçut alors que d’autres soumises, entièrement nues comme elle, se trouvaient déjà là, serrées frileusement les unes contre les autres, attendant elles ne savaient encore quoi.
Au bruit de sabots qui se rapprochaient rapidement, le groupe des soumises se tourna dans leur direction. diane reconnut son acquéreur vêtu d’une élégante tenue de chasseur chevauchant un magnifique alezan. Il était suivi de plusieurs cavaliers, tous aussi richement harnachés.
Arrivé au milieu de la cour, Sir Chandler endossant la fonction de grand veneur annonça d’une voix forte: « La chasse à courre va bientôt commencer, que le gibier soit lâché ».

Ecole de dressage

A cet ordre, les écuyers poussèrent devant eux les soumises en direction d’un petit bois qui se trouvait à proximité.
Ils leur retirèrent les longes et de quelques coups de fouet bien sentis leur firent comprendre que le moment était venu de se transformer en pouliches libres de tous mouvements.
Elles s’égaillèrent rapidement, trottinant du plus vite qu’elles le pouvaient, diane choisissant pour sa part le couvert des arbres pour se soustraire au regard des chasseurs qui n’allaient pas tarder à prendre leur piste.
Malgré les griffures des buissons sur son corps nu, elle n’hésita pas à s’enfoncer profondément dans la végétation. Puisqu’on lui offrait l’opportunité de se cacher, elle était fermement décidée à rendre la tâche des chasseurs lancés à leur trousse la plus difficile possible.
Elle retrouvait là tout son esprit combatif, déterminée à échapper d’ailleurs totalement à ses poursuivants.
Lorsqu’elle estima s’être suffisamment éloignée, elle se tapit sous un arbre foudroyé, dont le tronc renversé formait un abri protecteur. Ainsi blottie dans cet espace confiné, elle disparaissait complètement aux regards.
Malgré l’inconfort de la situation, elle ne pût s’empêcher de sourire, imaginant les difficultés que ces beaux messieurs à cheval allaient rencontrer pour venir, s’ils le pouvaient, la débusquer jusque dans son antre.
Le silence de la forêt s’installa, simplement troublé par instants du chant d’un oiseau. Elle attendit longtemps, attentive aux bruits diffus que maintenant elle percevait dans le lointain.
Soudain elle sentit le sol vibrer sous elle et comprit que les chevaux se rapprochaient.

Elle suspendit son souffle, faisant corps avec son environnement, petit animal tapi dans les bois, loin des hommes et de leur agitation.
Elle aimait cette odeur de mousse qui montait de la terre, elle aimait ce contact presque charnel du bois sur sa peau nue. Elle n’avait plus froid, elle se sentait maintenant dans son élément, sauvage, primitive, à l’écoute de ses sens, confiante dans son camouflage.

Les aboiements des chiens la firent sursauter ! Une meute ! Les chasseurs utilisaient une meute pour débusquer leur proie !

C’était son odeur sur l’herbe qui allait la trahir, quelle chance pouvait-elle avoir de se soustraire au flair des limiers qui maintenant elle en était sûre cherchaient sa piste. Résignée elle attendit sentant s’envoler ses vains espoirs d’échapper aux poursuivants.
Les aboiements se firent plus proches et elle perçut le martèlement d’un cavalier en même temps que le bruit des fourrés s’écartant devant la puissance du cheval qui continuait à avancer, suivant les chiens sur la piste du gibier.

Soudain le silence se fit. Hésitante, elle leva les yeux, espérant encore que son poursuivant se serait éloigné sans la remarquer.
Il était là, immobile sur sa monture, la toisant de toute sa hauteur, le regard sombre et fermé.
De sa main gantée de blanc il lui fit signe d’approcher. Vaincue, elle sortit de son abri et vint vers lui.
Debout, elle arrivait tout juste à la hauteur de son genou. La saisissant sans ménagement par les cheveux, il la rapprocha encore et tenant une cravache, s’en servit pour lui faire lever les mains au dessus de la tête et les entrava avec une lanière de cuir, à laquelle il attacha une corde.
Faisant faire demi tour à son cheval il l’entraîna alors derrière lui.

Tête baissée, mains liées, elle suivait celui qui venait de la capturer et la ramenait maintenant vers la propriété.
Ils traversèrent les champs lentement et elle comprit que son chasseur réglait le pas de sa monture pour qu’elle puisse le suivre sans trop de difficultés. Quelque part, elle lui en fût reconnaissante.

Au pas lent du cheval, ils entrèrent dans la cour. Les autres soumises étaient déjà là, chacune attachée derrière celui qui l’avait capturée. La meute des chiens courants avait été efficace et aucune n’en avait réchappée.
Sir Edward officiant toujours en Maître de cérémonie, annonça que les esclaves en fuite capturées dans les bois cet après midi allaient être emmenées au donjon pour y être d’abord jugées puis punies pour leur tentative de fuite.
Le public était invité à participer à cet événement, en respectant le caractère symbolique du lieu et du moment.

Descendu de cheval, le cavalier qui avait capturé diane s’approcha d’elle pour la détacher. C’était un bel homme dont la tenue et l’autorité qu’il dégageait naturellement l’impressionnait beaucoup.
Il l’entraîna vers le donjon et en y pénétrant elle fût immédiatement saisie par l’atmosphère solennelle du lieu. C’était une immense salle en pierre, avec un plafond voûté soutenu par de larges arches et une magnifique charpente de bois.

Aux murs de grandes torches diffusaient une lumière dansante presque irréelle et dégageaient une odeur envoûtante de résine.
L’ambiance du lieu était quasiment magique, et les soumises y pénétrèrent avec recueillement, même si elles savaient que ce serait pour elles celui de tous les tourments…

A suivre...

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