Guide d'évaluation à l'usage de la soumise (suite)

Troisième volet de ce guide...

RUBRIQUE 2 - Le fonctionnement de la relation

A / L’utilisation du vouvoiement dans la relation.

- Ce qu’il représentait au début pour toi.

G : Une distance respectueuse qui faisait que je n’étais pas votre amante plus ou moins docile, mais bien votre soumise.

- Ton approche aujourd’hui dans le cadre d’une relation établie et notamment de la proximité quotidienne vécue avec ton Maître.

G : La même chose qu’au début avec une nuance toutefois : Ce vous est devenu intime, je vous dis Vous et je ne pense jamais Tu, comme si le Tu n’existait pas. Il entretient la distance que nous avons à cœur de préserver l’un et l’autre.
Vous n’êtes pas mon amant, vous auriez pu le devenir avec le temps, mais nous aurions alors perdu la magie de notre relation et la banalité d’une histoire ordinaire nous aurait tués. Je tiens beaucoup à ce vouvoiement, symbole de ce qui m’unit à vous : intimité et respect.

BDSM

M: Tu connais mon attachement au vouvoiement et toute la symbolique qu’il représente à mes yeux aussi. Pour moi il n’a rien de superficiel, malgré le temps qui passe il garde toute son importance.
Tu écris qu’il entretient la distance, pour moi il ne sert jamais à marquer une distance mais il est au contraire la forme que nous avons choisi pour réaffirmer que notre relation reste envers et contre tout une relation BDSM. Un refus de la voir se banaliser dans son fonctionnement et donc une volonté commune de préserver ce qui fait son essence même.

B / Le téléphone, son usage. Les appels de Ton Maître

G : Le téléphone, c’est pour moi le lien permanent de notre relation. C’est grâce à lui que nous sommes en contact régulièrement dans la journée, que je vous sens constamment présent. Le fait de vous raconter au fil des heures ce que je fais, ce que je ressens entretient la relation de dépendance ; vous savez tout de moi, mes joies, mes colères, mes doutes, mes coups de blues au moment même où je les vis, vous intervenez dessus en direct, partageant avec moi les plaisirs ou les difficultés.
Inutile de vous dire que vos appels me manquent lorsque vous m’en privez…

C / Le regard que tu portes sur une soumise en situation, alors que pour ta part tu es spectatrice.

G : Parfois beaucoup de tendresse lorsqu’il s’agit de mes amies. Pour les autres, et cela peut peut-être vous surprendre, je les vois comme des êtres bizarres, loin de ce que je vis quand je suis moi-même en situation, comme si leurs pratiques m’étaient étrangères.

M: Evidemment toujours ton côté cérébral, ton BDSM se vit d’abord dans la tête, l’aspect visuel devient dés lors secondaire pour toi, voire carrément étranger, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes !

D / Analyse ton ressenti à ce moment.

G : Je n’éprouve aucun plaisir à voir d’autres soumises en situation (à part mes amies, bien sûr). Pire que cela, je me sens mal à l’aise. Cela tient sans doute au fait que les sensations ressenties au cours d’une séance sont tellement intimes qu’il est difficile de les partager. J’y vois même une certaine indécence, comme de regarder un couple faire l’amour.

M: Même commentaire que ci-dessus !

E / Cela suscite-t-il des envies particulières ?

G : Aucune, pour les raisons évoquées plus haut.

F / Tes ressentis de soumise en public de manière générale.

G : Beaucoup de fierté. J’aime être vue en tant que telle, mais uniquement avec un public d’initiés. C’est une manière de revendiquer librement ma condition. Si en plus vous m’accompagnez, ma fierté est double : celle d’être soumise et d’appartenir à un Maître tel que vous.

M: Je retrouve là ta revendication permanente à être reconnue pleinement dans ta condition de soumise.
Même si tu rejettes parfois un peu rudement le côté « folklore » que tu juges souvent trop « théâtral » dans certaines relations, ce qui peut nous attirer à tous deux des remarques désobligeantes, tu n’en as pas moins besoin d’être acceptée pleinement en tant que soumise.
Nous pourrions d’ailleurs à ce propos rebondir une fois de plus sur le sujet de savoir ce que les autres, j’entends par là les personnes que nous côtoyons dans l’univers BDSM, mettent réellement derrière les mots « relation D/s ». C’est souvent toute la difficulté à se faire comprendre, la plupart des gens ayant tendance à considérer comme la norme leur propre mode de fonctionnement et donc à juger ce qu’ils voient à partir de leur seule expérience personnelle en la transposant directement sur les situations auxquelles ils peuvent être confrontés. Cela peut parfois aller jusqu’à un vrai rejet de tout ce qu’ils considèrent comme non conforme à l’idée qu’ils se sont forgés de ce type de relation particulière.
Comment faire comprendre aux autres que nous vivons une relation D/s pleine et entière, alors que par choix nous avons décidé d’en afficher le moins possible à l’extérieur.
Vaste sujet...

BDSM

G / Comment vis-tu une mise en situation de soumission en privée d’abord, puis la même en public, qu’est-ce qui change pour toi alors ?

G : Ce sont deux domaines très différents à mes yeux et cela dépend de la mise en situation. S’il s’agit d’une fessée par exemple, je la préfère en privée. Je considère que c’est un acte intime, ponctué de caresses que je n’ai pas forcément envie de partager avec d’autres. Par contre, s’il s’agit de martinet, la situation peut engendrer des sentiments très personnels (je pense aux larmes à V…) que j’aime vivre en tête à tête, ou des moments beaucoup plus ludiques, que j’apprécie alors de montrer en public. Il arrive aussi que ce type de jeu se transforme en « performance » souvent apprécié des spectateurs. Je prends dans ce cas beaucoup de plaisir à les satisfaire.

M: Entièrement d’accord avec toi sur cette analyse !

A suivre...

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