L'école de dressage (suite)

Vaincue, elle sentit la chaîne relâcher ses bras. Elle fût détachée et ses mains de nouveau immobilisées dans une sorte de carcan que l’on fit reposer sur la nuque, tandis qu’une courroie de cuir était lacée sur son front.
Ce nouvel accessoire était fait d’un bois très léger, visiblement pour être porté longtemps, il lui immobilisait le haut du corps, mais sans peser sur ses frêles épaules.

Le tourmenteur s’approcha, il portait des gants épais et tenait en main une sorte de rouleau métallique, qu’elle reconnut immédiatement comme étant du fil de fer barbelé à longues pointes.
Celui-ci était visiblement très souple, elle pût le constater lorsqu’il commença à en dérouler un morceau qu’il fixa à l’anneau de son collier en lieu et place de la laisse utilisée pour la déplacer depuis son arrivée.

Descendant sur son buste, il lui entoura d’abord les seins de plusieurs tours serrés, veillant à faire porter les pointes sur ses mamelons.
Elle se raidit et réduisit la profondeur de sa respiration pour ne pas gonfler sa poitrine et confronter ainsi la peau sensible aux dards acérés.
C’était méconnaître le sadisme de son bourreau, qui aussitôt resserra les liens métalliques.
L’habillage de fer de son corps fut méthodiquement poursuivi jusqu’à son pubis, puis le métal glissa entre ses cuisses, griffant au passage sans aucun égard son sexe délicat, pour venir enserrer d’abord une jambe jusqu’à la cheville, avant de passer à l’autre et de remonter sur la cuisse pour atteindre sa taille et s’y fixer.

Ecole de dressage

Elle resta parfaitement immobile, consciente que chaque mouvement serait à lui seul un petit supplice pour son corps déjà meurtri par la brutale correction qu’elle venait d’endurer.
Epuisée de ce qu’elle venait de subir, et alors que hier encore elle la rejetait, elle aspirait maintenant à retrouver le calme de sa petite cellule, où elle se sentait finalement protégée, alors qu’à l’extérieur tout était si douloureux et inquiétant.

Elle ignorait encore que ses épreuves n’étaient pas terminées. L’un des aides attacha la laisse à son collier, prit une fine et souple cravache qu’il fit claquer sur le bois d’une table, pour la tester lui sembla t-il, mais aussi certainement pour l’impressionner.
Il lui en donna un coup léger sur les fesses, elle eut un mouvement en avant, se confrontant immédiatement à la rudesse des pointes sur son corps. Elle comprit qu’il allait lui falloir affronter une autre punition.

Tirant sur sa laisse, l’aide l’emmena de nouveau à travers le dédale des couloirs sombres.
Le fil métallique entre ses pieds l’obligeait à faire de petits pas rapides, la moindre oscillation de son corps étant immédiatement sanctionnée par une griffure profonde.
Son accompagnateur se plaisait par moment à utiliser légèrement, mais avec une réelle dextérité, sa cravache.
Il n’avait pas besoin d’appuyer ses coups, les réactions de diane à ces heurts légers sur sa peau se traduisant par une brutale sanction du métal sur ses seins, son ventre et même son sexe. L’effet était fulgurant, comme si une décharge électrique l’atteignait et la traversait à chaque fois.

Cela restait toutefois supportable et la faisait glisser peu à peu dans un état second.
Elle était immobilisée dans les serres d’un grand rapace, qui l’avait arrachée au sol et l’emmenait au loin vers des territoires inconnus, vers le premier matin du monde, lorsque la brume enveloppait un paysage neuf et primitif, dans lequel les inhibitions n’existaient pas encore.
Un paysage dans lequel elle pouvait exister intensément en totale harmonie avec son corps, pourtant profondément meurtri, mais si présent à son esprit à travers les tourments qu’il supportait.

L’impuissance avait libéré son esprit de la conscience de tout ce qui n’était pas stimulation sensorielle.
Chacun de ses nerfs maintenant éveillés envoyait à son cerveau des messages lancinants qu’elle subissait en suivant le courant de l’onde qui traversait son corps étroitement contraint par le froid métal.

Elle flottait en marchant, les coups de cravache devenaient les battements d’ailes du grand oiseau de proie, qui survolait les montagnes s’élevant plus haut dans l’azur, la libérant du poids des contraintes.

Ils arrivèrent devant une grande porte de bois, et c’est le bruit venant de derrière cette porte qui la tira de son rêve éveillé pour la ramener dans la réalité de l’instant.
Elle vit alors un homme qui se tenait devant elle dans une tenue chamarrée du siècle dernier.
Il portait des bottes jusqu’au dessus du genou ainsi qu’une coiffe noire. Il s’adressa à elle : « Je suis écuyer, et je vais effectuer votre présentation publique avant d’entamer votre dressage ».

Il remplaça sa laisse par une longe, poussa la porte et la fit avancer. Aveuglée par la vive lumière, il lui fallut quelques instants avant de pouvoir distinguer les détails de la scène.
Lorsque ses yeux furent habitués, elle découvrit que le centre de la pièce était aménagé en une sorte de manége au sol sablé, tandis que d’un côté des siéges avait été installés en hauteur.
Elle reconnut la directrice entourée de plusieurs hommes, qui tous ensemble la dévisageaient.

Elle frissonnât longuement lorsque tirée par la longe, l’écuyer l’amena au milieu de la piste.
Soumise par ses liens au plus léger caprice de la main de l’écuyer, elle avait le sentiment d’être comme un animal offert sans défense, exposé sur une place de marché, à l’attention d’acheteurs qui la dévisageaient.

Toute honte bue, elle attendit…

A suivre

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