Piqué sur la toile, j’ai trouvé ce texte intéressant, d’autant qu’il a été écrit par une défenseuse des droits de la femme. L’étant moi-même, mais pratiquante de cet horrible sadomasochisme ici dénoncé, je ne peux m’empêcher d’apporter une réponse ou du moins un autre point de vue à ce « J’accuse » des temps modernes.

Le Sadomasochisme ne libère pas

Certaines pratiques sexuelles participent à la propagation de la domination masculine sur les femmes. Le Sado-masochisme, "pratique sexuelle consistant à utiliser la douleur, la domination et l'humiliation dans la recherche de plaisir"   (wikipédia), est une de ces pratiques sexuelles.
On entend parler du SM par les faits divers relatant des soirées qui ont mal fini chez les bourgeois, la Haute Société. (Ils semblent être assez rares, fort heureusement, et le SM concerne désormais toutes les couches sociales.) La médiatisation de ces orgies SM a engendré un commerce démocratisé de ces "plaisirs". (Je ne suis pas sûre que les médias soient à l’origine de l’expansion des pratiques SM. Je pense plutôt qu’elle est due aux mutations de notre société, aux nouveaux rapports hommes/femmes et à la libération sexuelle.)

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Les menottes, même en fourrure rose, restent des instruments de maîtrise; les fessées, même douces, restent des actes de domination par la douleur physique. Les médias ont beau essayer de mettre ces pratiques au rang d'édulcorant de la vie de couple, elles restent des pratiques de "domination, douleur, humiliation". (C’est bien mal connaître les rapports SM que d’affirmer que les fessées sont des actes de domination. Le rapport Dominant/dominé est d’abord et avant tout un échange consensuel visant au plaisir des deux partenaires)
La perversion va jusqu'à même faire penser à ces femmes, que cela leur procure du plaisir : être quelque chose pour quelqu'un, un objet de désir, de plaisir. Une sorte de sentiment d'émancipation par sa sexualité ! C'est un écran de fumée que ces femmes s'imposent inconsciemment pour vivre mieux leur condition. Se dire "libre" dans sa sexualité pour se sentir maîtresse de sa vie, se sentir au dessus de l'oppression en la choisissant librement et en en jouissant. (C’est faire déshonneur aux femmes que de penser que certaines d’entre-elles sont assez sottes pour se laisser ainsi abuser.) La défense du SM ou d'autres pratiques avilissantes, s'organise souvent autour de "je fais ce que je veux dans mon pieux, j'y suis libre !", sous entendu "tu ne sais pas ce que tu perds, toi la frustrée!". (Mais non, les pratiquants SM ne pensent que les « vanilles » sont des frustrées, mais peut être devraient-elles faire preuve d’un peu plus de tolérance…)
Se défendre d'être SM, sous prétexte de liberté ou de plaisir dans un rôle de soumise, va à l'encontre de la libération des femmes ! (Quel rapport ? La libération des femmes passe par leur pratique sexuelle ou par leur capacité à défendre l’équité dans les rapports sociaux ?)
Tout est politique, nos réflexions doivent être menées sur tous les sujets qui nous concernent, notre vie ! (J’ose espérer que la politique ne viendra pas se mêler de notre vie privée, conformément à nos lois républicaines. Elle a d’ailleurs assez à faire : égalité dans le travail, les salaires, parité dans les instances politiques… Jamais une domination, une humiliation ne nous donnera du plaisir car le seul vrai plaisir, nous l'aurons quand nous serons LIBRES ! (Le jour où les hommes s’installeront devant la télévision à la même heure que les femmes parce qu’ils auront partagé les mêmes tâches ménagères, nous pourrons parler de libération. En attendant, laissez donc les hommes et les femmes vivrent ce qu’ils considèrent être bon pour eux sans porter de jugement hâtif, ce ne sont pas les jeux sexuels, aussi choquants qu’ils puissent vous paraître qui vont modifier la marche en avant de la société, mais une réflexion sereine sur le rôle des uns et des autres, et la possibilité pour chacun de s’engager dans la voie qui lui convient le mieux, dans le domaine qu’il aura librement choisi, sans contrainte sociale, financière, juridique… Ce jour là, nous serons vraiment LIBRES)

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