De longues vacances et une rentrée surbookée (qui a dit que le travail, c'était la santé ?) : Plus le temps de m'occuper du site.
Mais me revoilà et la saison reprend, avec de nouvelles idées d'articles : le BDSM bling bling, une réflexion sur les relations durables dans ce milieu, la poursuite de l'abécédaire, des aventures de Petit mousse et bien d'autres choses encore...
A bientôt !

Vogue, petit mousse !(2)

Petit mousse a repris le large. L'aventure continue...

Quand ils débarquèrent, le soleil était déjà haut. L'endroit était idyllique : une plage de sable blanc que venaient caresser mollement des vaguelettes chargées d'écume, bordée d'une forêt dense, aux multiples essences. La brise, mêlant les odeurs de la mer à celles plus suaves des plantes tropicales, adoucissait la chaleur de cette journée. On n'entendait que le murmure du ressac, le frémissement du feuillage et plus étouffés, les cris d'oiseaux que l'on devinait dans les arbres. Le lieu semblait désert.

case

Soudain, un groupe d'hommes surgit de la forêt. Ils devaient être une dizaine, plutôt petits, à l'épaisse noire. Certains d'entre eux étaient vêtus de pagnes, d'autres de shorts très élimés. Quelques uns portaient des lances ou des machettes que le reflet du soleil rendait redoutables.

Ils s'arrêtèrent à quelques mètres des marins. Leur regard était insondable et Petit mousse, d'instinct, se rapprocha de son Capitaine.
Un homme se détacha du groupe. C'était un vieillard à la peau cuivrée, il portait autour du cou un long collier de coquillages noirs et blancs et tenait à la main un bâton. Il s'approcha du commandant de la « Gyptis ».
Dans une langue étrange, il s'adressa à lui, le visage énigmatique, accompagnant la parole d'un geste de la main. Le message semblait clair : il souhaitait qu'ils les suivent.
Le jeune matelot était effrayé, il se souvenait de la boutade du Capitaine la veille, au sujet des cannibales ; et si c'était vrai ? Courageux, il attendit stoïquement la décision de son patron.
Celui-ci, après lui avoir lancé un regard apaisant, emboîta le pas de celui qui devait être le chef du clan, suivi de près par Petit mousse, inquiet de voir les indigènes refermer la marche derrière lui.

Ils pénétrèrent dans la forêt, empruntant en file indienne un sentier étroit, taillé à la machette. Les arbres, immenses, envahis de lianes et de plantes parasites s'élançaient vers la lumière, créant un sous bois sombre et humide. Petit mousse, angoissé, tentait péniblement de suivre le rythme de la marche, trébuchant contre les racines qui envahissaient le sol. Les petits hommes, eux, étaient très à l'aise. Pieds nus, ils franchissaient les obstacles avec une facilité déconcertante. Les cris d'oiseaux, tout à l'heure si enchanteurs, lui paraissaient maintenant comme des dangers potentiels. Il scrutait les arbres, s'attendant à voir apparaître un serpent, un fauve, une menace quelconque pour sa vie. Il n'osait même pas se retourner, craignant que ce geste fût pris pour une rébellion par les indigènes qui marchaient derrière lui
Le Capitaine semblait calme, mais Petit mousse n'était pas rassuré pour autant. Personne ne parlait, et ce silence lui paraissait hostile. Où les entraînaient ces hommes et pourquoi ?

Ils débouchèrent sur une large clairière, parsemée de huttes aux toits ronds. Quelques femmes aux seins pendants s'activaient aux tâches ménagères et levèrent la tête à l'arrivée du groupe. Elles non plus ne souriaient pas, mais regardèrent les hommes blancs avec curiosité, détaillant leur costume avec un intérêt non dissimulé.

Le chef pénétra dans une des cases, décorée de cornes et d'ossements divers. Il baragouina quelques mots à l'adresse du Capitaine, l'invitant à le suivre. Petit mousse emboîta le pas de son patron, mais fut retenu par un des hommes de la tribu qui barra de sa lance l'entrée de la hutte. Désemparé, le jeune marin resta planté là, ne sachant que faire, le regard fixé au sol pour ne pas risquer d'irriter ceux qu'ils prenaient maintenant pour ses geôliers.

à suivre...

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