Sport et SM

SM et sport

Plus je pratique le SM, plus me semble évidente la similitude entre ses pratiques et celles du sport.
Surprenant me direz-vous ? Pas tant que ça, je m’explique :

Chacun sait qu’un sportif a besoin de s’échauffer avant un entraînement ou une performance. Essayez donc de vous faire fouetter à froid, vous allez vite vous rendre compte qu’il faut d’abord commencer doucement, laissez au corps le temps de s’habituer, à l’esprit, celui d’entrer dans le jeu, faute de quoi, les coups seront douloureux et n’apporteront aucun plaisir, ce qui amènera rapidement à abandonner la partie.

D’autre part, le sport demande de l’entraînement, sans celui-ci, pas d’amélioration dans les résultats. Il en est de même pour le SM. Plus on pratique, plus le corps accepte de nouvelles sensations, plus l’envie d’aller plus loin s’installe. L’expérience constitue sans nul doute le moteur de la soumise. Chaque pas amène de nouvelles découvertes, une connaissance de plus en plus affinée de son corps, de son esprit. Ses réactions, de mieux en mieux maîtrisées lui permettent d’apprécier la douleur et de connaître ses possibilités. Elle sait ainsi ce qu’elle est capable d’accepter, où se situe la limite de son plaisir.

Comme dans le sport, le physique est également important. La bonne santé de la soumise est même essentielle, certaines pratiques demandant, si ce n’est une excellente santé, à minima aucun problème grave. Les bondages peuvent avoir des conséquences désastreuses sur l’organisme, de même que la cire, le fouet, s’ils sont utilisés sans une bonne connaissance de l’état physique de la soumise.

Tous les sportifs vous le diront : La réussite d’une épreuve ou d’un entraînement dépend aussi des dispositions mentales du moment. Ainsi, l’on constate régulièrement des « contre performances » alors que tous les critères semblent favorables au succès. Tous, sauf un, parfois explicable mais pas toujours : l’aspect psychologique. Il faut en effet être dans les meilleures conditions mentales pour « jouer » dans le cadre SM. Il faut pouvoir « entrer dans sa bulle », ce qui exige une certaine tranquillité d’esprit et une grande confiance en soi et en ses partenaires.

SM et sport

Car le SM est aussi un jeu d’équipe. Maître et soumise doivent être en symbiose, savoir s’écouter mutuellement, être attentifs aux limites de l’autre, faute de quoi le plaisir ne sera pas au rendez vous et la séance manquée. Le Maître est cependant le « coach » qui, à l’instar de l’entraîneur, cherche à faire évoluer sa soumise, à la rendre plus « performante » en lui imposant un certain nombre de règles qu’il considère bonnes pour elle, tant pour préserver sa santé que la rendre mentalement plus forte, plus en adéquation avec ce qu’il attend d’elle, la préparant ainsi à de nouvelles épreuves, pour leur plaisir mutuel.

Et enfin, comment ne pas évoquer la passion qui anime les adeptes de BDSM, qui, de la même manière que les sportifs, voient dans leur pratique un art de vivre essentiel à leur bon équilibre physique et mental. Ils sont prêts, les uns et les autres à s’investir beaucoup pour satisfaire cette passion, tout en cherchant (et je ne parle pas ici des « extrémistes ») à préserver l’harmonie dans leur vie sociale.

Le culte du corps, la fièvre de l’esprit, la volonté de repousser ses limites et la satisfaction de se sentir en phase avec soi-même, voilà ce qui unit sportifs et pratiquants du SM.
Et ceux qui ont le bonheur de connaître les deux me comprendront sûrement…

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